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Analyse stratégique des réformes pour le bien-être animal réforme... (10)


Les poules préfèreraient certainement être libres. Si elles doivent être détenues  - et il n’est pas encore en notre pouvoir de les libérer, alors elles préfèrent avoir la possibilité de bouger, d’étirer leurs ailes, et d’interagir librement entre elles.

La réforme proposée donnerait aux poules une chose à laquelle elles aspirent. A moins d’éléments prouvant que donner aux poules ce qu’elles veulent nuit à d’autres animaux, il n’y a aucune raison de leur refuser ce soulagement.

Les arguments indémontrables basés sur des théories pour ou contre la réforme se neutralisent. Les éléments matériels témoignent  tous de la nécessité d’accorder aux oiseaux ce qu’ils veulent. Si nous pensons qu’ils méritent réellement le droit à l’auto-détermination, alors c’est ce que nous devons faire.

Les éléments concrets suggèrent aussi que cette réforme pourrait être un des facteurs d’une stratégie à multiples facettes destinée à rendre la production d’œufs non-rentable et partant, non viable. Afin de mettre en œuvre une telle  stratégie, qui exigerait aussi de faire baisser la demande d’œufs par d’autres moyens, les partisans de cette réforme doivent être attentif à ne pas sembler promouvoir les œufs produits par d’autres méthodes d’élevage.


Recommandations

* Au lieu de soutenir ou de condamner dans l’abstrait les réformes "welfaristes, les militants animalistes devraient analyser individuellement chaque mesure proposée.
* En analysant ces réformes, les militants devraient, pour tirer les conclusions,  porter une attention particulière aux résultats concrets probables plutôt qu’aux théories.
* Ici comme ailleurs, les militants doivent être attentifs aux souhaits exprimés par les animaux, et leur donner plus de poids qu’aux théories des gens.
* Les réformes pour le bien-être qui offrent un soulagement de souffrance substantiel tout en augmentant les coûts de l’exploitation animale, devraient être privilégiées,  tant que rien ne vient démontrer qu’elles sont par ailleurs nuisibles.
* En travaillant en faveur de ces réformes, les militants doivent faire attention à ne pas promouvoir, involontairement, les produits issus d'animaux élevés "humainement".
* En discutant de leurs désaccords, les militants doivent résoudre les conflits selon une approche constructive ; éviter les discussions conflictuelles, préferez les efforts conjoints visant à découvrir un terrain d‘entente, à trouver des éléments susceptibles de résoudre les différences, ou à parvenir à un consensus quand c’est possible, et accepter que des alliés diffèrent au sujet de théories indémontrables.
* En forgeant leurs stratégies, les militants doivent respecter la diversité tactique, et admettre que les changements sociaux, politiques et économiques majeurs tendent à survenir seulement après une période troublée pendant laquelle différents acteurs cherchent à atteindre le même but par divers moyens.


Conclusion

Les industries exploitant les animaux sont des entités multinationales immorales qui exercent un immense pouvoir économique et bénéficient de la faveur des gouvernements. Leur principale faiblesse est que, comme toutes industries de capitaux, elles ont besoin d’investisseurs qui, à leur tour, ont besoin de taux de rentabilité élevés. Elles pourraient être conduites à cesser leurs activités grâce à une stratégie à multiple facettes, où les efforts pour réduire la consommation via l’éducation au véganisme et d’autres tactiques s’associent aux efforts pour augmenter les coûts par diverses méthodes,  y compris l’action directe et les réglementations coûteuses. Puisque nous avons le devoir moral d’écouter les animaux déjà existants et de travailler pour la libération des futures générations d’animaux, les efforts pour améliorer le bien-être animal devrait être entrepris dans le cadre de ces stratégies.

Les réformes qui rendent le confinement intensif illégal et/ou exigent de l’espace pour la recherche de nourriture réduisent nécessairement le nombre d’animaux susceptibles d’être tenus en esclavage sur n’importe quelle parcelle de terre. La terre agricole est une ressource limitée qui va en diminuant ces dernières années en raison de l’accroissement de la population humaine, de l’étalement urbain, de la désertification et probablement du changement climatique. En bref, la terre agricole devient de plus en plus rare et chère. Par conséquent, de toutes les réformes pour le bien-être, celle qui requiert davantage de superficie par animal pourrait être la plus utile stratégiquement,  tout en remplissant son rôle principal qui est d’apporter un soulagement immédiat à des souffrances aiguës.

Prendre ces facteurs en considération devrait inciter les militants animalistes à soutenir, ou au moins à s’abstenir de condamner, des dispositions qui à la fois permettent de soulager des souffrances et d’augmenter les coûts de production. Cela demande que chaque disposition pour le bien-être animal soit étudiée séparément. Ces analyses peuvent aider à sortir le mouvement de  l’immobilisme induit par l’argumentation abstraite sur le "bien-être".

Les animaux existent. Lorsque les militants animalistes se disputent plus qu'ils n'agissent, les animaux déjà existants en subissent les conséquences. Les animaux ont le droit à l’autodétermination. Leur souhaits, plutôt que nos théories, devraient nous guider dans les actions que nous menons en leur nom. Les animaux veulent être libres et soulagés de leurs souffrances.

Le bien-être animal et la libération des animaux ne devraient pas être des projets séparés. Dans le cas de l’élevage industriel, les réformes pour le bien-être peuvent apporter un soulagement immédiat tout en participant aux stratégies économiques visant à conduire les industries d’exploitation animale vers la cessation d’activité. Pour le moment, l’augmentation des coûts de l’alimentation liée au boom des biocarburants rendent les élevages industriels plus que jamais vulnérables économiquement. C’est le moment de mettre de côté nos différences basées sur des théories afin d’agir pour les animaux qui vivent aujourd’hui dans le monde réel.





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Sortir de l'impasse bien-être /abolition pour défendre les animaux au présent

par pattrice jones

https://drive.google.com/file/d/0Bwn3XdA6tlTJeUZlTFMzNzBfU3M/view?usp=sharing

Lorsque Jenny Brown a pris le micro pour demander pourquoi des producteurs de viande issue d’animaux élevés "humainement" avaient été invités à promouvoir leurs produits et leurs pratiques à la conférence Taking Action for Animals de 2007, à Washington DC, elle s’est fait huée par certaines personnes de l’assistance. Durant les discussions informelles qui ont eu lieu à l’Animal Rights National Conference à Los Angeles cette même année, des militants partisans de progrès réellement importants pour les animaux, comme l’abolition des cages de batterie, ont été ridiculisés - au point que certains ont fondu en larmes, par d’auto-proclamés "abolitionnistes" qui les ont décrit de façon fallacieuse comme des "welfaristes" non dévoués à la cause de la libération des animaux. Dans un cas comme dans l’autre, les militants chevronnés ont fini épuisés et frustrés tandis que les nouveaux venus ont quitté leur première conférence avec une impression de confusion et de futilité.

Regardons la réalité en face : la multitude de controverses autour de la question de savoir si les efforts pour soulager les souffrances des animaux déjà existants (actual animals) aident ou nuisent à la lutte à long-terme pour la libération animale a sombré dans une spirale mortifère qui elle-même dessert cette lutte, en démoralisant les militants et en dissuadant beaucoup d’entre eux d’entreprendre toute activité en faveur des animaux - hormis argumenter pour promouvoir une éthique vegan. Pendant ce temps, la consommation mondiale de viande est au plus haut et continue de croître, les vivisecteurs demandent aux gouvernements de les protéger en poursuivant en justice en tant que "terroristes" les militants pour la libération animale, et le changement climatique menace la santé et l’habitat d’un nombre toujours croissant d’espèces. Nous pouvons sortir de cette impasse si, et seulement si, nous voulons apprendre à discuter de façon constructive, à choisir nos mots avec soin, à respecter la biodiversité tactique, et à analyser les actions stratégiques avec une compréhension aiguë des facteurs psychologiques, historiques et économiques. Examinons-les, chacune à tour de rôle, car les animaux ont besoin, pour être mieux aidés, que nous instaurions une meilleure entente entre militants.




Résolution créative des conflits

Nos discussions devraient permettre d’identifier les terrains d’ entente les plus vastes possibles, en examinant minutieusement les origines de nos désaccords. L‘objectif, c’est le consensus plutôt que la victoire pour l’un ou l’autre «camp».

Pour atteindre cet objectif nous devons, lorsque nous discutons entre militants pour la libération animale, partir du principe que chacun de nous agit en toute bonne foi, essayant autant que possible de faire ce qui est bien, et que nos désaccords sont dus pour la plupart à des divergences de vues concernant le meilleur moyen d’atteindre notre objectif commun. Ces différences peuvent trouver leur origine soit dans une analyse différente des faits significatifs, soit dans l’adhésion à différentes théories du changement social.

Il est essentiel de distinguer les questions factuelles des questions théoriques, en privilégiant les faits sur la théorie et en évitant l’utilisation d’analogies, qui ont tendance à être interprétées différemment selon les personnes et qui, en aucun cas, ne constituent des preuves. Par exemple, l’idée que les réformes pour le bien-être ouvrent la voie à l’acquisition de droits légaux plus substantiels est une théorie du changement social ; l’idée que de telles réformes ralentiront la marche vers l’obtention de droits légaux est aussi une théorie du changement social. Il est impossible, sur la base des faits disponibles, de prouver que l’une ou l’autre est vraie ou fausse et c’est pourquoi, pour en débattre, des propos modérés plutôt que des assertions dogmatiques sont recommandés. Les analogies, comme celle de l’esclavage par exemple, n’aident pas à clarifier la question.

Quels sont les faits dont nous disposons ? Qu’est-ce qu’ils suggèrent examinés dans leur ensemble ? La quête commune pour le découvrir, si elle est faite dans un esprit ouvert de coopération, pourrait conduire à de nouvelles théories plus nuancées, lesquelles pourraient nous indiquer de futures stratégies. Par exemple, considérer le fait que la disponibilité limitée - et en régression, des terres agricoles suggère non seulement que les craintes d’une augmentation de la consommation des produits animaux due à des réformes telle que l’abolition des cages de batterie sont infondées mais aussi que toute réforme obligeant à accorder plus d’espace aux animaux est susceptible d’être utile stratégiquement car elle limite physiquement la production tout en augmentant son coût de façon significative.

Parfois ce qui semble être de grands désaccords s’avèrent n’être que des malentendus causés par une terminologie imprécise. C‘est pourquoi il est très important de parler clairement, d’écouter soigneusement et, tout particulièrement, de poser des questions afin de s’assurer qu’on a réellement compris ce que disent ceux avec qui on semble en désaccord. Réagissez seulement à ce que les gens disent réellement et non à ce que vous supposez qu’ils pensent ou ressentent, car il se peut que vous vous trompiez fortement.






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* Texte original "In defense of actuals animals - Moving past the welfare-abolition impasse" (2008), traduit de l’anglais par Marceline Pauly, et publié sur animal sujet avec la permission de l’auteure.





http://aftershock.pattricejones.info/ pattrice jones , écoféministe et militante pour la libération animale, est la co-fondatrice du Eastern Shore Sanctuary & Education Center, aujourd'hui Vine Sanctuary . Elle est l’auteur de Aftershock  et de The oxen at the intersection publiés chez Lantern Books et de nombreux essais et articles, dont   Analyse stratégique des réformes pour le bien-être animal - un guide pour ceux qui s'interrogent
et Gérer un sanctuaire publiés sur ce blog.

Sortir de l'impasse bien-être/abolition...(2)

Ne doutez pas de la sincérité des personnes lorsqu’elles expriment leurs convictions et leurs sentiments. Soyez sincère vous-même. Commencez vos phrases par " je" au lieu de "vous". Entamez les discutions par le rappel du but partagé par tous et de la confiance en la bonne foi de chacun. Ces aspects parmi d’autres de la résolution constructive des conflits peuvent transformer des discussions tendues et frustrantes en terrains propices à la résolution de problèmes.


Clarification des termes


Une grande part de la crise actuelle provient d’une utilisation imprécise des mots destinés à décrire les autres militants et leurs techniques. Cet éclaircissement est offert dans l’espoir que, chez les militants pour la libération animale, les termes "abolitionniste" et "welfariste" soit tomberont en désuétude, soit seront employés avec plus d’honnêteté et de précision. Il existe des organisations et des gens qui estiment que les animaux sont considérés à juste titre comme des propriétés mais qu’ils devraient être traités plus humainement. C’est avec raison que ceux qui partagent cette conviction sont appelés "welfaristes". Ils prennent soin eux-mêmes de se distinguer de ceux qui oeuvrent pour les droits des animaux et, par conséquent, il ne devrait y avoir aucune confusion entre eux et ceux dont l’objectif ultime est la libération animale. Malheureusement, ces confusions sont apparues autant en raison de la rhétorique des "abolitionnistes" auto-proclamés que du comportement de certaines organisations qui militent conjointement pour les droits et le bien-être des animaux.

Les militants qui luttent pour les droits légaux des animaux et leur libération ultime militent parfois aussi en faveur d’une amélioration du bien-être des animaux qui existent aujourd’hui. Certains le font par stratégie pour obtenir un changement plus substantiel, certains sont motivés par des considérations éthiques et d’autres défendent une position double, à la fois éthique et stratégique. Ainsi, Ingrid Newkirk de PETA soutient que toute reconnaissance d’un droit quelconque de l’animal par les législateurs est un pas vers la reconnaissance de leurs pleins droits. Karen Davis d’United Poultry Concerns soutient que les individus animaux ne devraient pas être traités comme des objets sans importance que l’on peut sacrifier pour le bien de la classe d’animaux à laquelle ils appartiennent. Je soutiens que nous avons l’obligation morale d’écouter les animaux et que nous devons répondre à leurs souhaits clairement exprimés de connaître un soulagement immédiat de leur souffrance, par des moyens qui rendent la poursuite de leur exploitation non rentable. 

Ce n’est peut-être pas un hasard si nous sommes trois femmes qui avons participé à des actions telles que des sabotages de chasse, des infiltrations de laboratoires et des sauvetages au grand jour, tandis que les jugements les plus sarcastiques portés sur les réformes pour le bien-être ont été inspirés par les écrits d’un universitaire dont le discours repose sur une perspective éthique abstraite, qui ne s’appuie pas sur des actions menées auprès d’animaux exploités. Les femmes ont tendance à militer selon ce que des féministes universitaires ont nommé l' "éthique de la sollicitude" (1) alors que les hommes rejettent parfois les arguments qui ne relèvent pas d’un système abstrait de règles. Des féministes ont identifié cette préférence pour l’abstraction comme un élément relevant à la fois du spécisme et du sexisme. Les opposants au bien-être animal devraient veiller à respecter les différentes méthodes de raisonnements éthiques, et prendre particulièrement soin de ne pas se moquer des femmes qui expriment leur inquiétude quant à ce qu'endurent les animaux déjà existants et qui agissent en conséquence.

Cela ne veut pas dire que les militants pour le bien-être animal n’ont aucune part de responsabilité dans l’état lamentable du débat actuel. Tandis que la plupart prennent soin de ne pas traverser la ligne essentielle entre s’opposer à des pratiques particulièrement cruelles et promouvoir une exploitation animale "humaine", plusieurs gaffes notables ont donné une légitimité à l’équation erronée entre abolition de pratiques spécifiques de l’élevage industriel et promotion de la "viande heureuse". L’opacité et le manque de responsabilité des dirigeants de certaines organisations nationales ainsi que la véhémence de certains "abolitionnistes", font qu’il est difficile d’établir un dialogue productif.



Chaque camp peut aider à sortir le débat de l’impasse actuelle en faisant plus attention aux termes qu’il utilise, en prenant particulièrement soin d’éviter les emplois désobligeants de "bien-être" (et ses dérivés) ou les amalgames entre soutenir les réformes pour le bien-être et soutenir les produits issus d’élevages concernés par ces réformes, et enfin en étant plus ouvert, pendant les débats, aux critiques exprimées de façon respectueuse et appropriée.


 Respecter la biodiversité tactique


Les "abolitionnistes" autoproclamés dédaignent parfois toutes tactiques autre que la promotion argumentée d’une éthique végane. A l’autre bout du spectre, certains partisans des réformes pour le bien-être ont tout fait pour dénigrer ceux qui mènent des actions directes pour les animaux. Aucun camp, dans ce qui est devenu un débat dangereusement démoralisant, ne semble être conscient du fait que les changements structurels significatifs dans la politique ou l'économie nationales ou internationales ne se produisent qu’après une période d’agitation durant laquelle différents acteurs venus d’horizons différents, pour des raisons différentes, et par des moyens différents, on fait pression pour obtenir un même changement. Jamais dans l’histoire, un changement aussi considérable que celui que nous cherchons à obtenir ne s’est produit. Il ne peut certainement pas être obtenu avec des stratégies moins globales que celles qui ont été nécessaires pour obtenir, dans un seul pays, le droit de vote pour les femmes ou la journée de 8 heures.


Dans un monde où les peuples entrent en guerre pour ce qui semble être (vu de l’extérieur) des différences religieuses relativement mineures, l’idée que le monde  entier  pourrait  être  converti  au  véganisme par le  seul  moyen  de


-> 3


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(1) ou éthique du care

Sortir de l'impasse bien-être/abolition...(3)



l’argument éthique paraît irréaliste. De même, il est irréaliste de supposer que des corporations sans morale vont changer leur fonctionnement en réponse à des arguments modérés s’ils ne sont accompagnés d'efforts directs pour réduire leurs profits. Ce n’est qu’en reconnaissant l’importance de la diversité tactique que nous pouvons coopérer les uns avec les autres dans des stratégies globales qui pourront accomplir ce que nous affirmons vouloir accomplir.



Analyse stratégique tenant compte du contexte


La libération des animaux de toute forme d’emprise et d’exploitation humaines demandera une restructuration fondamentale de l’économie mondiale ainsi qu’une révision des systèmes de tous les gouvernements existants. Les gens qui gagnent leur pain grâce à l’exploitation animale devront, d’une manière ou d’une autre, trouver d’autres moyens d’existence. Les économies locales enracinées dans l’exploitation des animaux ou de leurs habitats devront, d’une manière ou d’une autre, se reconvertir ex nihilo. Les entreprises puissantes qui profitent de l’exploitation animale devront, d’une manière ou d’une autre, abandonner ces profits mal-acquis. Les gouvernements qui soutiennent ces industries devront être, d’une manière ou d’une autre, convaincus soit de disparaître soit de se reconvertir afin de se mettre désormais au service des gens, des animaux et des écosystèmes. Les attitudes humaines vis à vis des animaux devront aussi, d’une manière ou d’une autre, être entièrement redéfinies en dépit du fait que, à de rares exceptions près, toute les cultures proclament la supériorité de l’homme.

Comment est-ce que tout cela va se produire ? Quelles sont les étapes qui permettront de convertir ne serait-ce qu’une seule communauté à une économie sans cruauté ? Par quels moyens les industries qui exploitent les animaux pourront-elles être contraintes de cesser leur activité ? Comment ne serait-ce qu’un seul gouvernement pourra-t-il être restructuré afin de représenter réellement les animaux qui sont sous son autorité ? Si les animaux conquièrent des droits, comment ceux-ci seront-ils appliqués ? Comment un mouvement petit et non représentatif comme l’est aujourd’hui le mouvement pour la libération animale parviendra-t-il à changer la psychologie humaine dans le monde entier ?

D’ici là, plutôt que de condamner ou de soutenir dans l’abstrait les réformes pour le "bien-être", les militants animalistes devraient examiner les réformes proposées sous les angles stratégique et contextuel, en gardant à l’esprit - en priorité, les intérêts des animaux déjà existants et le fait que les élevages industriels sont des entreprises à but lucratif qui cessent leurs activités lorsque les coûts sont trop élevés. La libération totale de tous les animaux peut être longue à venir mais les élevages industriels peuvent être contraints à fermer maintenant, grâce à des efforts concertés pour, simultanément, réduire la demande et augmenter les coûts de production. Les réformes pour le bien-être peuvent apporter une diminution réelle de souffrance tout en augmentant les coûts. L’abolition des cages de batterie entre dans cette catégorie puisqu’elle élèverait les coûts tout en diminuant à la fois le nombre de poules captives et l’étendue de leurs souffrances.




Conclusion

Les animaux existent et ont droit à l’autodétermination. Les animaux veulent être libres et être délivrés de leurs souffrances. Les animaux déjà existants subissent un tort réel lorsque nous ne respectons pas leur volonté à cet égard. Nous pouvons œuvrer à la libération ultime des animaux tout en nous préoccupant de ceux qui vivent maintenant, en adoptant une éthique et une stratégie ancrées dans la réalité plutôt que dans la théorie.